Hard Enduro : le nouveau classement HEWR bouscule l’équilibre établi

Le Hard Enduro mondial traverse une nouvelle période pas simple. À peine un mois après son lancement officiel, le Hard Enduro World Ranking (HEWR) alimente déjà débats et interrogations. Porté notamment par les directeurs du Red Bull Erzbergrodeo et du Red Bull Romaniacs, le système de classement mondial « ouvert, transparent et équitable » selon ses initiateurs est assorti d’une dotation d’au moins 100 000 dollars pour la saison 2026. Pas rien.

Une somme déjà sécurisée, selon les promoteurs, et destinée aux dix premiers du classement général. De quoi envoyer créer quelques vocations.

Au 3 mars 2026, le calendrier HEWR recense 18 épreuves réparties sur quatre continents et quatorze pays, classées en quatre catégories : Supreme, Premium, Masters et Challenger.

Supreme Events

Au sommet de la pyramide figurent deux monuments : la Red Bull Erzbergrodeo (Autriche, 4–7 juin 2026) et la Red Bull Romaniacs (Roumanie, 28 juillet–1er août 2026). Un choix qui ne surprend personne tant ces deux rendez-vous dominent historiquement la discipline en termes de plateau, d’organisation et d’audience médiatique. Et, surtout, les organisateurs eux-mêmes sont derrière le HEWR…

Premium Events

Parmi les épreuves Premium, on retrouve notamment :

24MX AlesTrem (France)

Silver Kings (USA)

Abestone Rodeo Miravale (Italie)

Hixpania (Espagne)

Masters Events

Rochepaule Extreme Enduro

Wildwood Rock Extreme Enduro

AvandaRocks Hard Enduro

Challenger Events

Hellsride Hard Enduro

I Do Hard Enduro

Jacots Ranch Hard Enduro

Ukupacha Extreme

La liste complète est disponible sur le site officiel du classement

Sur le papier, le HEWR se veut ouvert à tout le monde et rassembleur. Plusieurs manches du Hard Enduro World Championship (HEWC) figurent ainsi dans le classement. Pourtant, certaines organisations auraient découvert leur présence a posteriori, à l’image de la 24MX Alestrem.

Certains observateurs pointent également un possible conflit d’intérêts : les deux seuls événements classés « Supreme » sont dirigés par les instigateurs mêmes du HEWR. Karl Katoch (Erzberg) et Martin Freinademetz (Romaniacs) réfutent toute forme de favoritisme et invoquent des critères mesurables : densité du plateau, niveau organisationnel, participation, couverture médiatique. Pas complètement faux, certes, mais tout de même un poil limite…

Autre pièce majeure du puzzle : la World Enduro Riders Association (WERA). L’association de pilotes a annoncé qu’elle ne disputera que six des neuf manches du championnat du monde 2026. Les promoteurs maintiennent néanmoins un calendrier à neuf rounds, laissant la porte ouverte à des pilotes non affiliés à la WERA pour viser un titre mondial FIM.

Un calcul rapide montre que les 100 000 dollars répartis entre les dix premiers constituent une prime appréciable, mais loin d’être révolutionnaire pour des pilotes professionnels dont les équipes financent déjà les grandes épreuves « Supreme » et « Premium ».

Dans un communiqué récent, le HEWR affirme respecter la WERA et intégrer automatiquement les manches du HEWC effectivement disputées par ses membres. Un signe qu’un pont existe entre les deux entités, même si le dossier semble loin d’être clos.

L’un des arguments forts du HEWR repose sur sa simplicité : aucune inscription spécifique, aucune licence additionnelle, aucun frais d’entrée au classement. Le pilote n’a qu’à s’engager dans une épreuve labellisée. Les résultats sont automatiquement intégrés au classement.

Le Hard Enduro mondial est donc à un tournant. Entre un classement indépendant doté d’une enveloppe financière attractive, un championnat du monde FIM maintenu à neuf manches et une association de pilotes qui veut faire entendre sa voix et ses priorités, la saison 2026 pourrait s’avérer décisive dans l’avenir de la discipline à haut niveau. Pas simple. A suivre…